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 - 31 janvier 2023 - Saint Jean Bosco
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Homélie

7e dimanche du Temps Ordinaire

La liturgie de ce jour est soulevée par une puissante vague d’espérance. Nous venons de le reconnaître au début de cette Eucharistie : nous sommes pécheurs, aliénés par nos passions, errants comme des brebis vouées à l’abattoir ; notre folie nous a égarés loin de Dieu dans les ténèbres mortelles. Mais nous croyons que le Seigneur nous fait miséricorde : il nous pardonne nos fautes et nous donne part à sa vie. Aussi pouvons-nous exulter avec le psalmiste : « Seigneur, je suis sûr de ton amour : mon cœur est dans la joie, car tu me sauves ; je veux chanter au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait (Ant. d’ouv.).
Mais comment avoir la certitude que cette « Bonne Nouvelle » de notre réconciliation - motif de notre rassemblement et source de notre espérance - soit autre chose que la mise en scène imaginaire de notre désir le plus profond que nous aurions projeté sur les récits évangéliques ? Les scribes ont raison : « Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Dès lors : ou bien ce Jésus est un imposteur et un blasphémateur, ou bien il est l’Envoyé auquel Dieu a « donné tout pouvoir au ciel et sur la terre » (Mt 28,18). Dans le premier cas, la vie n’est qu’une mauvaise nuit dans une auberge insalubre ; seule la seconde solution nous donne des motifs d’espérance. Aussi avons-nous tous à nous confronter tôt ou tard personnellement à l’événement Jésus-Christ, car c’est par rapport à lui que chacun d’entre nous est appelé à décider du sens de sa vie.
Or la certitude que Dieu a accompli sa promesse - « Moi, oui, moi je pardonne tes révoltes, à cause de moi-même, et je ne veux plus me souvenir de tes péchés » (1ère lect.) - cette certitude de foi naît au cœur de tout homme qui contemple le Christ des Evangiles sans a priori. Si nous nous laissons conduire par l’Esprit, nous confesserons nous aussi avec le centurion romain au pied de la Croix : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! » (Mc 15,39). En lui le « Dieu fidèle n’a pas été à la fois “oui” et “non” ; il n’a jamais été que “oui” » (2nd lect.). Ce « oui » de Dieu, ce salut qu’il nous offre gratuitement en son Fils Jésus-Christ, n’est pas simplement l’annulation de la dette de notre péché, mais notre élévation gratuite jusqu’à la condition filiale, par le don de « l’Esprit qui habite en nos cœurs » (Ibid.). Le Seigneur ne se contente pas de faire de la « restauration » : « A vin nouveau, outres neuves » (Mc 2,22) ; « voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous pas ? » (1ère lect.). C’est précisément pour que nous puissions « voir » le travail secret de la grâce au fond des cœurs, que Jésus « ordonne au paralysé : “Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi” ». De fait, si Notre-Seigneur n’avait pas épousé l’impuissance de notre mort à tous, pour se « lever » vivant au matin de Pâques, il n’aurait eu aucune autorité pour faire « lever » le paralytique - et nous n’aurions que peu de chose pour fonder notre espérance.
Il est clair que Jésus ne « prouve » pas son pouvoir de pardonner les péchés en guérissant le paralytique : les deux actions ne se situent pas sur le même plan. Mais cet homme aurait-il été guéri s’il n’avait pas auparavant accueilli la miséricorde ? On peut en douter. La guérison ne peut en effet manifester le pouvoir de pardonner, que si ce pardon a été effectivement reçu. Ce qui suppose par la même occasion que cet homme se soit reconnu pécheur devant Dieu et devant son Christ. Nous pressentons une mystérieuse complicité entre Jésus et cet homme, dont Notre-Seigneur reconnaît d’amblée la foi. Aussi la parole toute empreinte de tendresse - « Mon fils, tes péchés sont pardonnés » - répond-elle sans aucun doute à la demande implicite du paralytique, plus soucieux de son âme que de son corps. Notre-Seigneur interpelle l’homme en lui signifiant que la paternité divine envers lui est restaurée - « Mon fils » - et explicite le processus qui a conduit à cette réconciliation : « tes péchés sont pardonnés ». En agissant ainsi, Jésus prend la place de l’offensé, c’est-à-dire de Dieu, et parle en son nom, ce qui fait précisément l’objet de la contestation de la part des scribes. La parole de Jésus restaure la relation avec cet homme en prenant autorité sur les obstacles spirituels (les péchés) qui le séparaient de Dieu.
La guérison physique n’est un argument que pour ceux de l’extérieur : le malade savait déjà que Jésus possédait ce pouvoir, car qui peut le plus - pardonner les péchés - peut le moins - relever un paralytique. Aussi n’est-ce pas de l’impertinence de la part de cet homme de partir, son brancard sous le bras, sans un mot de remerciement : tout était déjà dit entre Jésus et lui dans les regards qu’ils se sont échangés dès le premier instant de la rencontre. Sa manière de remercier pour le don de la miséricorde, a été de se prêter à la guérison qui permet d’accréditer le Maître. Sachons nous aussi dire avec le Psalmiste : « Pitié pour moi, Seigneur, guéris-moi car j’ai péché contre toi ! » (Ps 40). C’est précisément en nous laissant réconcilier avec Dieu, que « par le Christ que nous disons “amen”, notre “oui” pour la gloire de Dieu » (2ème lect.). Et la « preuve » que nous sommes réconciliés, c’est que « Dieu nous a fait une première avance sur ses dons : l’Esprit qui habite nos cœurs » (Ibid.) et nous donne à nous aussi de « rendre gloire à Dieu, en disant : “Nous n’avons jamais rien vu de pareil” ».

« Loué sois-tu Dieu notre Père pour ton infinie patience avec nous ! Béni sois-tu de nous avoir recréés par ta Parole toute-puissante que tu prononces sur nous dans ton Souffle d’amour. Loué sois-tu et exalté pour les siècles, toi qui “nous sauve au jour du malheur, qui nous protège et nous garde en vie ; toi qui guérit notre âme et nous rétablis pour toujours en ta présence” (Ps 40). Nous t’en prions : “marque-nous de ton sceau, consacre-nous à ton service, rends-nous solides pour le Christ dans nos relations avec nos frères, afin que par lui, nous te disions “amen”, notre “oui” pour ta gloire”. Fais de nous des témoins d’espérance, des ambassadeurs de ta miséricorde, des prophètes du “monde nouveau qui germe déjà” depuis le matin de Pâques. »


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